Le livre tibétain de la vie et de la mort, Sogyal Rinpoché, 1992

Le miroir de la mort

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l'édition de la Table Ronde TR
l'édition Le Livre de Poche LP
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TR p.27
La majorité des gens s'imagine qu'il n'existe pas d'autre vie que celle-ci. Sans foi réelle et authentique en une vie après la mort, la plupart d'entre nous mènent une existence dépourvue de toute signification ultime.

Je me suis rendu compte que le fait même de nier la mort est porteur de conséquences désastreuses qui s'étendent bien au-delà de l'individu.

Je me suis rendu compte que le fait même de nier la mort est porteur de conséquences désastreuses qui s'étendent bien au-delà de l'individu.
Le maître sait que ceux qui croient en une vie après celle-ci envisageront leur existence de façon foncièrement différente, éprouvant un sentiment aigu de leur responsabilité et ressentant la nécessité
d'une morale personnelle.

Notre société vit dans l'obsession de la jeunesse, du sexe et du pouvoir, et nous fuyons ce qui évoque la vieillesse et la décrépitude. N'est-il pas terrifiant que nous abandonnions ainsi les personnes âgées lorsque leur vie active est terminée et qu'elles ne nous sont plus d'aucune utilité ?

TR p.31
La mort n'est ni déprimante, ni séduisante, elle est tout simplement une réalité de la vie.
Dans l'approche bouddhiste, la vie et la mort sont perçues comme un tout : la mort est le début d'un autre chapitre de la vie. La mort est un miroir dans lequel se reflète l'entière signification de la vie.

TR p.33
Le terme « bardo » est communément utilisé pour désigner l'état intermédiaire entre la mort
et la renaissance mais, en réalité, les bardos se produisent continuellement, aussi bien durant la vie que durant la mort ; ce sont des moments de passage où la possibilité de libération, ou d'éveil, se trouve considérablement accrue.




L'impermanence

TR p.38
« Cette chose appelée "cadavre" et qui nous fait si peur vit avec nous, ici et maintenant ».
La mort représente la fin brutale de tout ce qui nous est familier.
Sans doute la raison la plus profonde de notre peur de la mort est-elle que nous ne savons pas qui nous sommes.
N'est-ce pas pour cette raison que nous nous efforçons de remplir chaque instant de bruit et d'activités, même futiles et ennuyeuses, afin de nous assurer que nous ne resterons jamais seuls, en silence, en compagnie de cet étranger ?
Le rythme de notre vie est si trépidant que la dernière chose à laquelle nous ayons le temps de penser est la mort. Nous étouffons notre peur secrète de l'impermanence en nous entourant d'un nombre sans cesse croissant de biens, d'objets, de commodités, pour en devenir, en fin de compte, les esclaves.
Pourquoi ne pas au moins tenter d'explorer la possibilité d'une vie après la mort ?

TR p.42
Si nous examinons notre vie, nous verrons clairement que nous accumulons, pour la remplir, un nombre considérable de tâches sans importance et quantité de prétendues « responsabilités».
« Si tu vouais à la pratique spirituelle le dixième du temps que tu consacres à des distractions telles que courtiser les femmes ou gagner de l'argent, tu obtiendrais l'éveil en quelques années ! » (saint indien Ramakrishna)
L'obsession d'améliorer nos conditions matérielles, qui détermine notre comportement, peut devenir une fin en soi et une distraction dénuée de sens. Quelle personne sensée songerait à retapisser sa chambre d'hôtel chaque fois qu'elle en change ?

TR p.47
PRENDRE LA VIE AU SÉRIEUX
La clé nous permettant de trouver un juste équilibre dans notre vie moderne est la simplicité.
La discipline consiste-t-elle à faire ce qui est juste ou approprié.
J'ai compris que chacun de nous est envoyé sur terre pour apprendre et réaliser certaines choses. Exprimer plus d'amour, par exemple, nous aimer davantage les uns les autres ; découvrir que ce sont les relations humaines et l'amour qui sont les plus importants, et non les choses matérielles ; et comprendre que, sans aucune exception, tout acte de notre vie est enregistré et que, même si on n y prête pas attention sur le moment, il resurgira toujours plus tard.
Ce que nous avons fait de notre vie détermine ce que nous serons au moment de notre mort. Et tout, absolument tout, compte.
Toute interaction subatomique consiste en l'annihilation des particules d'origine et en la création de nouvelles particules subatomiques. Le monde subatomique est une danse sans fin de création et d'annihilation, de matière devenant énergie et d'énergie devenant matière. Des formes transitoires apparaissent et disparaissent en un éclair, engendrant une réalité sans fin, constamment recréée.
TR p.52
Toutes nos actions passées ne nous apparaissent elles pas aujourd'hui comme un rêve ?
Qu'y a-t-il de plus imprévisible que nos pensées et nos émotions? Avez-vous la moindre idée de ce que vous allez penser ou ressentir dans un instant ? Notre esprit, en réalité, est aussi vide, aussi impermanent et aussi transitoire qu'un rêve. Observez une pensée :elle vient, elle demeure et s'en va.
En réalité, seul l'instant présent, le "maintenant", nous appartient.
Avez-vous réellement compris, et réalisé, la vérité de l'impermanence ? L'avez-vous si parfaitement intégrée dans chacune de vos pensées, chacune de vos respirations, chacun de vos mouvements, que votre existence en a été transformée?

TR p.67
Si nous portons un regard véritable sur nous-mêmes et sur les choses qui nous entourent et qui, jusqu'alors, nous paraissaient si certaines, si stables et si durables, nous nous apercevons qu'elles n'ont pas plus de réalité qu'un rêve.

TR p.79
Tout au long de l'histoire, les saints et les mystiques ont paré leurs réalisations de noms divers et leur ont donné des visages et des interprétations variés ; mais fondamentalement, leur expérience est celle de la nature essentielle de l'esprit.
Les chrétiens et les juifs l'appellent« Dieu », les hindous« le Soi », « Shiva », «Brahman », « Vishnou » ; les mystiques soufis la nomment « l'Essence Cachée » et les bouddhistes « la Nature de Bouddha ». Au coeur de toutes les religions se trouve la certitude qu'il existe une vérité fondamentale, et que cette vie offre une opportunité sacrée d'évoluer et de la réaliser.

TR p.82
LES QUATRE ERREURS

1. La nature de l'esprit est simplement trop proche de nous pour que nous puissions la ; de même que nous ne pouvons voir notre propre visage, il est difficile pour l'esprit de voir sa propre nature.
2. Elle est trop profonde pour que nous puissions la concevoir. Nous n'avons aucune idée de sa profondeur. Si c'était le cas, nous l'aurions déjà, dans une certaine mesure, réalisée.
3. Elle est trop simple pour que nous y croyions ; en réalité, la seule chose à faire est de demeurer dans la pure conscience de la nature de l'esprit, nue et toujours présente.
4. Elle est trop prodigieuse pour que notre esprit puisse l'accueillir ; son immensité même est si vaste que notre mode de pensée étroit ne peut la contenir. Nous ne pouvons simplement pas y croire, pas plus que nous ne pouvons imaginer que l'éveil est la véritable nature de notre esprit.

TR p.85
Nous sommes épouvantés à l'idée de regarder en nous-mêmes, parce que notre culture ne nous a donné aucune idée de ce que nous allons y trouver. Nous pouvons même craindre que cette démarche ne nous mette en danger de folie. C'est là l'ultime et ingénieux stratagème de l'ego pour nous empêcher de découvrir notre vraie nature.

A vrai dire, vous ne « devenez » pas bouddha, vous cessez simplement, graduellement, d'être dans l'illusion. Un bouddha n'est pas une sorte de« surhomme» spirituel tout-puissant ; devenir bouddha, c'est devenir enfin un être humain authentique.


Ramener l'esprit en lui-même

TR p.91
Voici ce que réalisa le Bouddha :l'ignorance de notre vraie nature est la source de tous les tourments du samsara, et la source de cette ignorance elle-même est la tendance invétérée de notre esprit à la distraction. La solution, comprit le Bouddha, était donc de ramener l'esprit à sa vraie nature par la pratique de la méditation.

Nous les qualifions de « bon au début », « bon au milieu » et « bon à la fin ».
Bon au début naît de la prise de conscience que la nature de bouddha est notre essence la plus secrète, ainsi que celle de tous les êtres sensibles. Cette réalisation nous libère de l'ignorance et met un point final à la souffrance.
Bon au milieu est la disposition d'esprit avec laquelle nous pénétrons au coeur de la pratique. Elle est inspirée par la réalisation de la nature de l'esprit, d'où s'élèvent une attitude dénuée de saisie, libre de toute référence conceptuelle, et la prise de conscience que toute chose est intrinsèquement « vide », illusoire, chimérique.
Bon à la fin concerne la façon dont nous concluons la méditation. Nous dédions ses mérites et prions avec une réelle ferveur : « Puisse tout mérite obtenu par cette pratique contribuer à l'éveil de tous, puisse-t-il devenir une goutte d'eau au sein de l'océan d'activité de tous les bouddhas, dans leur oeuvre infatigable de libération de tous les êtres. »

TR p.103
TROIS MÉTHODES DE MÉDITATION
1. Observer la respiration.
2. Utiliser un objet.
3. La récitation d'un mantra.

TR p.133
Les vies successives d'une série de renaissances ne sont pas semblables aux perles d'un collier, maintenues ensemble par un fil, «l'âme », qui passerait à travers les perles ; elles ressemblent plutôt à des dés empilés l'un sur l'autre. Chaque dé est séparé, mais il soutient celui qui est posé sur lui et avec lequel il a un lien fonctionnel. Les dés ne sont pas reliés par l'identité, mais par la conditionnalité.

TR p.137
L'origine de toute joie en ce monde
Est la quête du bonheur d'autrui ;
L'origine de toute souffrance en ce monde
Est la quête de mon propre bonheur

/* Édition J'ai Lu */
JL p.38
Toutes les grandes traditions spirituelles du monde, y compris, bien sûr, le christianisme, ont clairement affirmé que la mort n'est pas une fin.
Elles nous ont toutes transmis la vision d'une vie future qui imprègne notre existence présente d'un sens sacré.
Sans foi réelle et authentique en une vie après la mort, la plupart d'entre nous mènent une existence dépourvue de toute signification ultime.

Le maître sait que ceux qui croient en une vie après celle-ci envisageront leur existence de façon foncièrement différente, éprouvant un sentiment aigu de leur responsabilité et ressentant la nécessité
d'une morale personnelle.

JL p.52
Nous savons, comme le disait Milarépa, que « cette chose appelée "cadavre" et qui nous fait si peur
vit avec nous, ici et maintenant ».

Nous avons le sentiment que, lorsqu'elle viendra, nous serons plongés dans l'inconnu ou deviendrons
quelqu'un d'entièrement différent. Nous imaginons que nous serons complètement perdus, désorientés, livrés à un environnement inconnu et terrifiant. Nous imaginons que cela ressemblera
au fait de se réveiller seul dans une contrée étrangère, en proie à une angoisse extrême, sans connaissance du pays ni de la langue, sans argent, sans relations, sans passeport, sans amis ...

Sans doute la raison la plus profonde de notre peur de la mort est-elle que nous ne savons pas qui nous sommes.

Lorsque nous mourons, nous laissons tout derrière nous, en particulier ce corps qui nous a été si cher, sur lequel nous avons compté si aveuglément et que nous nous sommes tant efforcés de maintenir en vie. Nous ne pouvons, cependant, faire davantage confiance à notre esprit.

Nous étouffons notre peur secrète de l'impermanence en nous entourant d'un nombre sans cesse croissant de biens, d'objets, de commodités, pour en devenir, en fin de compte, les esclaves.

JL p.66
J'ai compris que chacun de nous est envoyé sur Terre pour apprendre et réaliser certaines choses. Exprimer plus d'amour, par exemple, nous aimer davantage les uns les autres ; découvrir que ce sont les relations humaines et l'amour qui sont les plus importants, et non les choses matérielles ; et comprendre que, sans aucune exception, tout acte de notre vie est enregistré et que, même si on n y prête pas attention sur le moment, il resurgira toujours plus tard.

Ce que nous avons fait de notre vie détermine ce que nous serons au moment de notre mort. Et tout, absolument tout, compte.

Guerrier spirituel

JL p.88
Etre un guerrier spirituel, c'est développer un courage d'un genre particulier, foncièrement intelligent, doux et intrépide à la fois. Les guerriers spirituels peuvent éprouver de la peur, mais ils ont suffisamment de courage pour oser goûter à la souffrance, pour établir un rapport clair à leur peur fondamentale et ne pas se dérober lorsqu'il s'agit de tirer des leçons de leurs difficultés.

Devenir un guerrier signifie que « nous sommes capables d'échanger notre poursuite mesquine de sécurité contre une vue plus vaste, faite d'audace, de largeur d'esprit et d'héroïsme authentique.  Entrer dans l'arène transformatrice de cette vue beaucoup plus vaste, c'est apprendre à être à l'aise dans le changement et à se faire une amie de l'impermanence.

Rigpa

JL p.106
Nous l'appelons Rigpa, conscience claire primordiale, pure, originelle, à la fois intelligence, discernement, rayonnement et éveil constant. On pourrait dire qu'elle est la connaissance de la connaissance elle-même.

Ne vous y trompez pas, la nature de l'esprit ne se limite pas exclusivement à notre seul esprit. Elle est, en fait, la nature de toute chose. On ne le répétera jamais assez : réaliser la nature de l'esprit, c'est réaliser la nature de toute chose. Tout au long de l'histoire, les saints et les mystiques ont
paré leurs réalisations de noms divers et leur ont donné des visages et des interprétations variés ; mais fondamentalement, leur expérience est celle de la nature essentielle de l'esprit.

Les chrétiens et les juifs l'appellent« Dieu », les hindous« le Soi », « Shiva », « Brahman », «Vishnou » ; les mystiques soufis la nomment « l'Essence Cachée » et les bouddhistes « la Nature de Bouddha ». Au coeur de toutes les religions se trouve la certitude qu'il existe une vérité fondamentale, et que cette vie offre une opportunité sacrée d'évoluer et de la réaliser.

Il est pourtant important de garder à l'esprit que Bouddha était un être humain comme vous et moi. Il ne s'est jamais attribué de statut divin ; il savait simplement qu'il possédait la nature de bouddha, le germe de l'éveil, et que tout être la possède également. La nature de bouddha est tout simplement le patrimoine de tout être sensible ; je dis souvent que « notre nature de bouddha est aussi parfaite que la nature de bouddha de n'importe quel bouddha! ».Telle est, en effet, la bonne nouvelle que le Bouddha
nous a transmise par son éveil à Bodhgaya, et que tant de personnes aujourd'hui trouvent si inspirante. Son message - que l'éveil est à la portée de tous - véhicule un espoir extraordinaire.

De la même façon, notre esprit de bouddha est enclos à l'intérieur des parois de notre esprit ordinaire. Mais, lorsque nous atteignons l'éveil, c'est comme si le vase se brisait. L'espace « intérieur » se mêle
instantanément à l'espace« extérieur», devenant un. Nous réalisons à cet instant que les deux espaces n'ont jamais été séparés ni différents l'un de l'autre, mais ont toujours été semblables.

JL p.112
En fait, nous sommes éduqués dans la croyance que rien n'est réel au-delà de ce que nous percevons directement au moyen de nos sens ordinaires.

Il est intéressant de souligner que « bouddhiste » se dit  «nangpa» en tibétain, ce qui signifie« tourné vers l'intérieur », celui qui recherche la vérité non pas à l'extérieur mais au sein de la nature de l'esprit. Tout l'entraînement bouddhiste, tous ces enseignements n'ont qu'un seul but : se tourner vers la nature de l'esprit, et ainsi nous libérer de la peur de la mort et nous aider à réaliser la vérité de la vie.

JL p.116
Parfois, je crois que si nous éludons la question de notre véritable identité, c'est par crainte de découvrir qu'il existe une réalité autre que celle-ci. Qu'adviendrait-il, à la suite de cette découverte, de notre mode de vie actuel ? Comment nos amis, nos collègues, réagiraient-ils à ce que nous savons maintenant ?
Que ferions-nous de ce nouveau savoir ? Avec la connaissance vient la responsabilité. Parfois, lorsque la porte de la cellule s'ouvre, le prisonnier choisit de ne pas s'évader.

La vérité spirituelle n'est ni compliquée ni ésotérique, elle relève du simple bon sens. Quand vous réalisez la nature de l'esprit, les voiles de confusion disparaissent les uns après les autres. A vrai dire, vous ne « devenez » pas bouddha, vous cessez simplement, graduellement, d'être dans l'illusion. Un bouddha n'est pas une sorte de« surhomme» spirituel tout-puissant ; devenir bouddha, c'est devenir enfin un être humain authentique.

Notre véritable nature, la nature de tous les êtres, n'est pas extraordinaire. Paradoxalement, c'est ce
monde soi-disant ordinaire qui est extraordinaire, une hallucination fantastique et complexe provoquée par la vision trompeuse du samsara.

La grande paix naturelle

JL p.131
Ramener votre esprit en lui-même signifie ramener l'esprit à l'état appelé : « demeurer paisiblement», grâce à la pratique de l'attention. Au niveau le plus profond, cela consiste à se tourner vers l'intérieur et à demeurer dans la nature de l'esprit.
C'est la méditation à son plus haut degré.
Relâcher veut dire libérer l'esprit de la prison de la saisie dualiste. Vous reconnaissez en effet que toute douleur, toute peur et toute détresse proviennent du désir insatiable de l'esprit qui saisit. A un niveau plus profond, la réalisation et la confiance qui résultent de votre compréhension accrue de la nature de l'esprit inspirent en vous une grande générosité naturelle.

Se détendre signifie devenir plus spacieux et permettre à l'esprit d'abandonner ses tensions. Sur un plan plus profond, vous vous détendez dans la nature véritable de votre esprit, l'état de Rigpa. Les mots tibétains qui évoquent ce processus suggèrent le sens de« se détendre en Rigpa ». C'est comme
si vous laissiez tomber une poignée de sable sur une surface plane : chaque grain se dépose de lui-même. D'une façon similaire, vous vous détendez dans votre véritable nature, laissant toutes vos pensées et émotions décroître naturellement et se dissoudre dans l'état de la nature de l'esprit.

Laissez reposer dans la grande paix naturelle
Cet esprit épuisé,
Battu sans relâche par le karma et les pensées névrotiques,
Semblables à la fureur implacable des vagues qui déferlent
Dans l'océan infini du samsara.
JL p.170
Chaque âme vient au monde fortifiée par les victoires de ses vies passées, ou affaiblie par leurs défaites.

JL p.179
Aujourd'hui et pour te reste de ma vie, je conserve ta conviction que ta vie continue après ta mort ; cela ne fait pas t'ombre d'un doute pour moi, et je n'ai pas peur de mourir. Absolument pas peur. Je connais des gens qui ont cette peur, cette terreur. J'ai toujours envie de sourire quand je tes entends douter qu'il y ait un au-delà, ou décréter:  «Après ta mort, il n'y a rien. » Je pense alors intérieurement ils ne savent pas.
Je sais qu'il y a une vie après la vie 1 Personne ne m'en fera douter. J'en suis certain - c'est paisible et il n'y a rien à craindre.
Oui, il y a bien une après-vie! Plus belle que tout ce qu'on peut imaginer ! Une fois qu'on sait ce qu'elle est, rien ne peut lui être comparé. On sait, tout simplement.

JL p.181
L'acceptation bouddhiste du concept de renaissance est basée principalement sur la notion de continuité de la conscience. Prenons, par exemple, le monde physique : nous considérons que l'on peut remonter à l'origine de tous les éléments de notre univers actuel - et même à un niveau microscopique - jusqu 'à un point initial où tous les éléments du monde matériel sont condensés dans
ce que l'on appelle en termes techniques des (( particules d'espace )) .

Ces particules sont, à leur tour, l'état résultant de la désintégration d'un univers précédent. Il existe donc un cycle constant dans lequel l'univers évolue, se désintègre et revient à l'existence. Notre esprit fonctionne de manière analogue. Il est aussi manifeste, toujours de par notre expérience, que ce que nous appelons "esprit" ou "conscience" est sujet au changement, quand il est exposé à différentes conditions et circonstances. Cela nous montre sa nature variable d'instant en instant, sa prédisposition à se modifier.

Le bouddhisme croit en la causalité universelle : tout est soumis au changement, à des causes et à des conditions. Il n'accorde donc aucune place à un créateur divin, ni à une '' génération spontanée " des êtres ; tout se manifeste au contraire comme une conséquence de causes et de conditions. Ainsi, l'état présent de l'esprit, ou conscience, résulte de ses instants précédents.

La plupart des gens considèrent que le terme « réincarnation» implique « quelque chose » qui se réincarne, qui voyage de vie en vie. Mais nous ne croyons pas, dans le bouddhisme, en une entité indépendante et immuable telle que l'âme ou l'ego, qui survivrait à la mort du corps. Ce qui assure la continuité entre les vies n'est pas d'après nous une entité, mais la conscience à son niveau ultime de subtilité.

JL p.184
Les vies successives d'une série de renaissances ne sont pas semblables aux perles d'un collier, maintenues ensemble par un fil," l'âme", qui passerait à travers les perles ; elles ressemblent plutôt à des dés empilés l'un sur l'autre. Chaque dé est séparé, mais il soutient celui qui est posé sur lui et avec lequel il a un lien fonctionnel. Les dés ne sont pas reliés par l'identité, mais par la conditionnalité.

Il en va de même de la renaissance : un phénomène se produit et un autre cesse, simultanément. Ainsi, le premier acte de conscience dans la nouvelle existence n'est ni identique au dernier acte de conscience dans l'existence précédente, ni différent de lui. »

Une meilleure approche est de l'envisager comme la loi inéluctable de cause à effet qui gouverne l'univers. Le terme karma signifie littéralement "action" ; le karma est à la fois le pouvoir latent contenu dans les actions et le résultat de ces actions.
Il existe plusieurs sortes de karma : le karma international, national, le karma d'une ville et le karma individuel. Tous sont inextricablement reliés et ne peuvent être compris dans toute leur complexité que par un être pleinement éveillé.

En termes simples, que veut dire karma ? Cela signifie que tout ce que nous faisons au moyen de notre corps, notre parole et notre esprit entraîne un résultat correspondant. Chaque action, même la plus insignifiante, porte en elle-même ses conséquences.

JL p.188
« Si vous désirez connaître votre vie passée, examinez votre condition présente ; si c'est votre vie future que vous désirez connaître, examinez vos actions présentes. »

JL p.192
Toute chose étant par nature impermanente, fluide et interdépendante, notre mode de pensée et nos actions modifient inévitablement l'avenir. Toute situation, aussi désespérée ou insupportable soit-elle - comme par exemple une maladie incurable - peut être utilisée pour progresser.

JL p.197
Un être humain fait partie d'un tout que nous appelons« l'Univers" ; il demeure limité dans le temps et dans l'espace. Il fait l'expérience de son être, de ses pensées et de ses sensations comme étant séparés du reste - une sorte d'illusion d'optique de sa conscience.
Cette illusion est pour nous une prison, nous restreignant à nos désirs personnels et à une affection réservée à nos proches. Notre tâche est de nous libérer de cette prison en élargissant le cercle de notre compassion afin qu'il embrasse tous les êtres vivants, et la nature entière, dans sa splendeur.

JL p.273 /* Même promesse que Jésus */
Ceux qui connaissent Padmasambhava savent que la promesse qu'il fit il y a plus de mille
ans est une vérité toujours vivante : « Je ne suis jamais éloigné de ceux que la foi anime, ni même de ceux qui en sont dépourvus, bien qu'ils ne me voient pas. Mes enfants seront toujours, et à jamais, protégés par ma compassion. »

JL p.277
Ô Guru Rinpoché, Précieux Maître,
Vous êtes la personnification
De la compassion et des bénédictions de tous les bouddhas,
L'unique protecteur des êtres.
Mon corps, mes possessions, mon coeur et mon âme,
Sans hésitation, je vous les abandonne.
A partir de cet instant, et jusqu 'à ce que j'atteigne l'éveil,
Dans le bonheur ou la peine, les circonstances bonnes ou mauvaises,
les situations élevées ou basses,
Je m'en remets complètement à vous, Ô Padmasambhava, vous qui me connaissez :
Pensez à moi, inspirez-moi, guidez-moi, faites-moi un avec vous!

JL p.286
PERSONNE NE PEUT MOURIR sans peur et en toute confiance s'il n'a véritablement réalisé la nature de l'esprit. Approfondie par des années de pratique assidue, seule cette réalisation est à même d'assurer la stabilité de l'esprit durant ce chaos tumultueux qu'est le processus de la mort.

JL p.313
Une fois que vous aurez réalisé la Vue, bien que les perceptions trompeuses du sa ms ara puissent encore s'élever dans votre esprit, vous serez semblable au ciel : quand un arc-en ciel apparaît, le ciel n'est pas particulièrement flatté, et lorsque des nuages surviennent, il n'est pas particulièrement déçu.
Vous éprouverez un profond sentiment de contentement. Vous exulterez en votre for intérieur en voyant que le samsara et le nirvana ne sont qu'une façade ; la Vue inspirera constamment gaieté et humour, et un léger sourire intérieur pétillera toujours en vous.



Mourir

JL p.321
L'essentiel dans la vie est de parvenir à établir avec autrui une communication sincère et exempte de peur.

Les malades en phase terminale ou les mourants n'ont jamais, de toute leur vie, été aussi vulnérables et vous devrez faire appel à tout votre tact, à toutes vos ressources de sensibilité, de chaleur et d'amour compatissant si vous voulez qu'ils puissent se confier. Apprenez à écouter, apprenez à recevoir en silence, dans ce silence calme et ouvert qui leur permettra de se sentir acceptés. Restez aussi détendu que possible, soyez à l'aise ; demeurez ainsi auprès de votre ami ou de votre parent, comme si vous n'aviez rien de plus important ni de plus agréable à faire.

JL p.389
N'avez-vous pas lu que, dans certaines expériences de proximité de la mort, apparaît une présence majestueuse, toute de lumière dorée, qui n'est que pardon ? Et, comme il est dit très souvent, c'est nous qui sommes, en définitive, notre propre juge.

JL p.393
Dans le ciel devant vous, invoquez la personnification de la vérité en laquelle vous croyez - quelle qu'elle soit - sous la forme d'une lumière rayonnante. Choisissez un être divin ou un saint dont vous vous sentez proche. Si vous êtes bouddhiste, invoquez un bouddha avec lequel vous ressentez un lien particulièrement étroit. Si vous êtes chrétien pratiquant, ressentez de tout votre coeur la présence vibrante et immanente de Dieu, de l'Esprit Saint, de Jésus ou de la Vierge Marie. Si vous n'avez
d'affinité avec aucune figure spirituelle en particulier, imaginez simplement, dans le ciel devant vous, une forme toute de lumière dorée. Le point important ici est de considérer que l'être que vous visualisez ou dont vous ressentez la présence est la personnification de la vérité, de la sagesse et de la compassion de tous les bouddhas, saints, maîtres et êtres éveillés.

JL p.397
Comment pouvons-nous utiliser cette pratique pour aider une personne au moment de la mort ?
Le principe et l'ordre de la pratique sont exactement les mêmes, la seule différence étant que vous visualisez le Bouddha ou la présence spirituelle au-dessus de la tête du mourant.
Imaginez que les rayons de lumière ruissellent sur lui, purifiant son être tout entier, et qu'il se dissout alors en lumière et se fond dans cette présence spirituelle.
Effectuez cette pratique pendant toute la durée de la maladie de la personne qui vous est chère, et particulièrement - c'est le plus important - au moment de son dernier soupir, ou dès que possible après l'arrêt de la respiration et avant que le corps ne soit touché ou dérangé d'une quelconque façon.

On me demande souvent : « Si mon parent - ou ami - mourant est chrétien pratiquant et que je suis bouddhiste, n'y a-t-il pas là un conflit ? » Je réponds : « Comment pourrait-il y en avoir un ? Vous invoquez la vérité, et le Christ et Bouddha sont tous deux des manifestations de la vérité, apparues
par compassion sous des formes différentes afin d'aider les êtres. »

JL p.422
Reconnaissance de notre canal central en tant que voie ;
Reconnaissance de notre conscience en tant que voyageur ;
Reconnaissance de l'environnement d'un royaume de bouddha en tant que destination.

JL p.432
Remettez-vous entièrement entre ses mains : coeur et esprit, corps et âme. La simplicité d'une confiance absolue est l'une des forces les plus puissantes au monde.

JL p.435
Imaginez avec une intensité particulière que des rayons de lumière jaillissent de votre maître et vous purifient, brûlant votre maladie et toutes vos impuretés, et qu'ils vous apportent la guérison. Votre corps se dissout alors en lumière et, finalement, votre esprit se fond dans son esprit de sagesse avec une confiance totale.




Mort et renaissance

JL p.467
« Qu'as-tu fait de ta vie ? » « Qu'as-tu fait pour les autres ? » Cela met en lumière une chose : à la mort, nous ne pouvons échapper à ce que nous sommes réellement. Que cela nous plaise ou non, notre vraie nature est dévoilée. Mais il est important de savoir que le moment de la mort révèle
deux aspects de nous-mêmes : notre nature absolue, et notre nature relative - ce que nous sommes et ce que nous avons été dans cette vie.

La nature de toute chose est ouverte, vide et nue comme le ciel.
Vacuité lumineuse, dénuée de centre ou de circonférence : Rigpa, pur et sans voile, se lève.

JL p.473
Lorsque l'aube de la Luminosité fondamentale se lève, la question cruciale est alors la suivante : dans quelle mesure avons-nous été capables de demeurer dans la nature de l'esprit, d'unir notre nature absolue à notre vie quotidienne et de purifier notre condition ordinaire en l'état de pureté primordiale?

JL p.501
Si nous pouvons reconnaître les apparitions du bardo de la dharmata comme l'énergie de sagesse de notre propre esprit, il n'y a pas de différence entre celui qui perçoit et l'objet perçu, et nous faisons alors une expérience de non-dualité. Pénétrer complètement dans cette expérience, c'est atteindre la libération. Kalou Rinpoché dit en effet : « Dans l'état qui suit la mort, la libération se produit au moment où la conscience parvient à reconnaître que ses expériences ne sont autres que l'esprit lui-même».

JL p.510
Par conséquent, les déités peuvent revêtir les formes qui, dans notre vie, nous sont les plus familières. Pour des pratiquants chrétiens, les déités peuvent par exemple prendre l'apparence du Christ ou de la Vierge Marie. D'une façon générale, la manifestation éveillée des bouddhas ayant pour seul dessein de nous aider, ceux-ci peuvent donc assumer la forme qui sera la plus appropriée et la plus bénéfique pour nous. Mais quel que soit l'aspect sous lequel les déités apparaissent, il est important de  reconnaître qu'il n'existe absolument aucune différence quant à leur nature fondamentale.

JL p.522
En fin de compte, le jugement tout entier se déroule au sein de notre propre esprit. Nous sommes à la fois le juge et la personne jugée. « Il est intéressant de noter, dit Raymond Moody, que le jugement,
dans les cas que j'ai étudiés, ne provenait pas de l'être de lumière, qui semblait aimer et accepter ces personnes de toute façon, mais plutôt de l'individu lui-même»



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